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Tutelle de Dac




21 Octobre 2008

Tutelle De Dac


Le tout Paris se précipite en ce moment dans une pièce comique dont le succès est mérité.

C'et un jeune auteur qui promet, il s'appelle Racine Du_mal.

La pièce s'appelle « Traite des Blancs ».

Nous avons particulièrement remarqué une actrice confirmée dans le rôle de la mère, qui réussi à nous émouvoir jusqu'au larmes même dans les moments les plus comiques.

Un Acteur qui sert à tout, et le fait mal,  fait une prestation terne dans le rôle du Traître, le fils.

Nous voudrions recommander à notre Actrice Nationale moins de sévérité dans son rôle de du Monsieur de Paris , « la Dame en Blanc » ; Rares sont les actrices qui ont su choisir dans ce rôle entre le comique, le tragique ou l'indifférence administrative. Nous nous sommes beaucoup ennuyés avec son interprétation dont elle semble avoir tiré l'inspiration en regardant les vieux films de Pierre Dac.

Le Chœur « Le Glob » est excellent comme d'habitude dans la délation, l'absurdité, le retard sur l'Action et l'indifférence aux faits.

Grâce au P2P nous avons pu obtenir quelques extraits de cette pièce.

Le rideau se lève sur un salon de Maison Bourgeoise.

La mère est occupée à planter du gazon sur le divan. Elle découpe le divan avec le sabre du Grand-père en grognant contre ces mauvaises herbes qui poussent partout.

Entre le fils, dos courbé, sourire de traître, œil torve, mains moites,

Le fils

<< maman, comme je suis content de te trouver, je vois que tu es occupée, tu te souviens que nous avons rendez-vous avec la Gentille Assistante pour que tu puisse recevoir ta Retraite ? »

La Maman

<< mon chéri, tu vois bien que je suis occupé, tu peux le faire toi même. Tu viendras me prendre lorsque j'aurai fini>>

Le fils :

<< Tu sais, je crois que tu devrais mettre ta belle robe, celle que nous avons acheté hier et qui te va si bien>>

Le chœur

<< entendez-vous ce traître,  jamais il n'a acheté de nouvelles robes, bien trop radin pour cela>>

La maman

<<ah tu crois, où est-ce que j'ai mis la robe>>

Le chœur

<< regardez le fils qui apporte un vieux sac qui servait à emballer les ordures et qui prétend que ceci serait une nouvelle belle robe>>

Le chœur

<< regardez la maman qui se déshabille en public, ah quelle honte >>

Le soliste

<<C'était en ces temps là, nous sommes au troisième millénaire, tous les personnages doivent apparaître nus au moins une fois>>

Le fils donne ses vêtements à la mère qui met un bas sur la tête et tire la robe d'en bas vers le haut.

Rideau

Applaudissement

Entre acte, bonbons acidulés, chewing-gum, esquimaux, déclarations d'impôts, préservatif peints à la main.

Sonnerie

Nouvel acte

Rideau

La pièce représente un bureau très hygiénique, très blanc avec quelques teintes ivoire. Un bureau, une porte.

Le Monsieur de Paris est assis à son bureau, habillé de blanc, un stéthoscope est posé sur le bureau.

Entre le fils et la mère, le Monsieur de Paris reste assis à son bureau, le fils et la mère semble hésiter, puis ils s'avancent ;

Le fils

<<maman, voici la gentille Dame qui va t'aider pour tes formulaires pour que tu puisses être bien protégée>>

Le chœur

<< ah le traître, regardez avec quelle subtilité ce Iago fait croire à cette mère qu'elle est dans le bureau d'une Assistante Sociale alors qu'elle est là pour être exécutée et destituée de ses droits d'être humain>>

Le Monsieur de Paris

<< bien, asseyiez vous là, Madame je dois vous poser quelques questions très simples afin de pouvoir compléter votre formulaire de Demande>>

La mère et le fils sont assis, curieusement le fils est assis le plus loin possible de la mère.

Celle-ci regarde le Monsieur de Paris et se tourne vers le fils

<< ah qu'elle à l'air mignonne, c'est celle là que tu vas épouser ?>>

Le chœur

<< voyez tout le bon sens de la mère qui ne pense qu'au bien de son fils et qui est heureuse déjà pour lui>>

le Monsieur de Paris se tourne vers le fils

<< Monsieur, c'est bien vous qui avez apporté le chéquier n'et-ce pas ?>>

Le fils

celui-ci ne dit rien et fait signe que oui.

Le Monsieur de Paris

<< nous devons d'abord procéder à quelques formalités. Pouvez-vous certifier que vous ne tirez aucun profit de la procédure que nous allons engager ?>>

Le fils se redresse et prend l'air assuré

<< Absolument pas !>>

Le Monsieur de Paris

<<qui est l'héritier de Madame votre Mère>>

Le fils, qui se tortille sur sa chaise

<< C'est moi, je crois, enfin, ça dépend, enfin, il n'y a rien à hériter, enfin, évidemment il y a un testament, mais qu'est-ce que ça veut dire un testament, mon nom est dessus, mais vous savez pour moi cela ne veut rien dire.>>

Le Monsieur de Paris

<< Très bien, tout est en Ordre>>

le Chœur

<< Chantons, Chantons, notre angoisse est partie, les nuages ont disparu, la vérité va apparaître>>

Le Monsieur de Paris

<<madame je vais vous poser quelques questions simples afin de remplir votre formulaire, prenez tout votre temps pour me répondre>>

Le chœur

<<Ah voyez comme la traîtrise se glisse sur sa proie innocente, est-ce qu'il n'y a personne dans la salle pour sauver cette malheureuse ?>>

Le Monsieur de Paris

<< Madame, pourriez vous me dire en quelle année nous sommes ?>>

La mère :

<< c'est une années bien froide et pluvieuse, l'année dernière à cette époque-ci les tulipes étaient déjà en fleur>>

Le Monsieur de Paris.

<< Savez-vous madame en quel mois nous sommes ?>>

La maman

<<oh c'est sur, nous sommes dans le mois où les tulipes devraient être sorties et si le temps n'avait pas été si mauvais j'aurais vidé les armoires et trié mon linge>>

Le chœur

<< ah la malheureuse, que de mauvaise réponses, voyez comme le stylo perce déjà le cœur et inscrit sur le formulaire « désorientation dans le temps »>>

Le Monsieur de Paris

<< Madame, pouvez-vous me dire qui est le Président de la République>>

La maman

<< Jeune fille, vous êtes bien mignonne, vous n'avez pas connu le temps ou nous avions des vrais Présidents, des Hommes qui savaient décider et mourir, vous me posez là une question bien difficile. Est-ce que je peux vous répondre qu'il est Président parce qu'on le voit depuis si longtemps »

Le Monsieur de Paris

<<Alors pourriez vous me dire qui est le Premier Ministre ?>>

La maman

<< jeune fille, ne faite pas l'idiote avec moi, vous savez bien que nous n'en avons pas>>

Le chœur dans un accent désespéré.

<<Voyez de nouveau le couteau plonger dans le plaie béante et le stylo inscrire, « incompétence à suivre les évènements du quotidien »>>

Le Monsieur de Paris

<<Madame, je vais vous présenter un document administratif très simple, pourrie-vous me le résumer brièvement,>>

Le chœur

<< Nous sentons la traîtrise, lisons tous ensemble ce document

« Subséquemment à votre référé en Honoré avec les pièces ci-jointes dont le procès verbal sera attaché aux Verbatim de la Procédure engagée, le Respondant, ci-dessus décrit sous la forme nominative, et le Requiéreur, ci-dessus décrit sous la forme corrélative,  s'engage par devers sous crainte de vice de procédure annulant toute décision précipitée, nous, présents sous forme Directe et Administrative nous engageons sans contrainte à l'exécution dudit Jugement sous risque de pénalité imposable par le tiers envers le descendant »

le Chœur

<< Voici enfin un espoir qui se lève, bien que cette malheureuse soit troublée, elle ne saurait se méprendre sur le sens si clair de ce document écrit sous la forme du Français simplifié à usage des Citoyens ».

La mère

<< oh que vous amusante ma petite, je sens que mon fils va bien s'amuser avec vous. Vous me promettez que nous ferons des charades comme celle-ci pour Noël>>

Le chœur

<< regardez le fils qui sanglote sur son siège, il assiste terrifié au naufrage de l'intelligence de sa mère>>

la Mère

<<mon fils, il ne faut pas pleurer comme cela, je sais que tu va me quitter pour cette charmante jeune fille, je suis heureuse pour toi et je suis sure que vous serez très heureux tous les deux et tu vois je suis moi aussi si heureuse de savoir que je vais avoir des petits enfants.>>

Le Chœur

<< Ah regardez comme son esprit s'égare, la maladie l'a frappée, elle délire déjà, elle croit que le mariage peut être heureux et elle semble croire que les petits enfants ne vont pas mettre des rats dans son lit et brûler son tricot et volez son argent, Oh la malheureuse qui a perdu tout contact avec la réalité>>

Le Monsieur de Paris

<< Monsieur le fils, je crois que nous avons tous les faits et que nous pouvons conclure ces documents. Auriez-vous des remarques à faire pour le procès verbal ?>>

le fils

Il sanglote et on ne peut comprendre ce qu'il dit.

Le chœur

<< ah le malheureux, il sait que maintenant il va devoir payer pour la consultation et que cette dépense n'est pas déductible. Voyez  sa souffrance, compatissez à sa douleur »

Le Monsieur de Paris

<< Monsieur, je vous rappelle que la coutume veut que Monsieur de Paris garde les Effets et Bijoux et autres valeurs portée par la victime. De plus je vous engage à me faire un chèque pour une valeur de 400 euros, non remboursable.>>

le chœur

<< Ayez confiance, le Destin ne saurait être si cruel, ayez confiance>>

Monsieur de Paris

<< Cependant Monsieur le fils et héritier en anticipation de votre futur statut de tuteur, je vous autorise à faire un chèque post daté de 500 euros sur le compte dont vous deviendrez le Tuteur>>

le chœur

<< joie, joie, Notre confiance est Récompensée>>

Dans le fond, les Trompettes entament un Te Deum de Triomphe.

La maman

<< tu vois que je t'avais bien dit que tout irait bien et qu'elle voudrait de toi, tu pleures de joie, ah que vous allez être heureux tous les deux, ah que je suis heureuse pour toi>>

Une porte s'ouvre côté Jardin, deux forts Infirmiers s'avancent et se saisissent de la maman et l'entraînent

La maman

<< Mais je ne suis pas prête encore pour le mariage>>

La salle éclate de rire

Rideau

Dix rappels, tous veulent des autographes.

A la sortie on les entend qui racontent comme ils se sont bien amusés.