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Ma Vie
Dimanche soir, 14 novembre 2009
ÊEtre né en 70 !!!
en 70 nous avions le sentiment de gagner la lutte contre la famine et la pauvreté.
En 70 les leçons de Norman Borlaugh sont devenus réalités. Là ou le blé faisait 1,20 mètres, il s'est raccourci à 60 à 70 cm.
Nous, en Afrique (par nous il faut lire « eux », moi je ne suis que l'enfant qui croit faire avancer la locomotive en faisant « teuf teuf ». donc en Afrique nous étions certains d'arriver au moins a doubler les rendements. Et nous le faisions, sans miracles, simplement en appliquant les outils à notre disposition.
En 70, les Gouvernements Africains arrivaient à maturité, ils avaient confiance en eux-même et travaillaient vraiment pour la Nation. Kenyatta disait lors de ses discours
Harambee !!!
Ce qui veut dire
Faite le vous-même!
Et les villageois construisaient sans aide des écoles, des dispensaires, des routes.
En 70 nous pouvions voir la fin des guerres tribales. Les tribus étaient encore là, mais plus par héritage que par haine.
Ce que nous n'avions pas vu c'est que la corruption n'était pas tout simplement un petit impôt sur les chiffres d'affaires comme une petite TVA, mais que la corruption était comme un tsunami qui allait tout engloutir.
Un fou sanguinaire comme Arap Moï allait tout voler au Kenya et installer un système digne de la Gestapo.
En Zambie Kaunda était certainement de très bonne volonté et un grand homme puis le pouvoir lui est monté à la tête, comme pour chacun de nous.
Et peu a peu nous avons vu l'Afrique partir en hémorragie.
En 70 nous avions le sentiment d'être les volontaires montant au feu de la bataille de la victoire. Nous pouvions voir tous les kilomètres les fruits des efforts de nos paysans.
Puis la corruption avec son cortège de soldats ivre et shootés est arrivée.
En 70 nous avions les chiffres en main, nous savions que le taux de doublement de la population au Kenya était entre 25 et 30 ans et qu'aucun pays ni aucun système n'est capable de faire face à une montée pareille, mais nous ne voulions pas le savoir.
Si Borlaugh avait été le père du miracle de la révolution verte, allait, pourquoi pas une deuxième révolution vert/énergie?
Aujourd'hui après les années noires sang de 90 à aujourd'hui ont voit arriver une nouvelle révolution dans la manière de produire plus en investissant moins. C'est encore balbutiant mais cela arrive.
Pour nous autres agronome nous n'avons aucun doute, demandez nous de nourrir le globe et nous le ferons, cela ne pose pas de problème théorique ni pratique et cerise sur le gâteau nous le ferons en diminuant le taux de CO2 dans l'atmosphère.
Mes voisins se moquent de moi, gentillement, parce ce que je composte tout et que je refuse de jeter les eaux brunes de la maison à l'égout. Saviez-vous que je peux être condamné par un tribunal parce que je recycle les eaux brunes?
Encore aujourd'hui, avec mon sang africain, jeter une canette de coca est un drame dans mes émotions.
Je cultive des noyaux d'avocatier parce que avec l'avocatier nous arrivions a guérir les enfants de tant de maladies.
Vous êtes né en 70 et je regrette pour vous de ne pas avoir vécu cet immense conviction que nous les enfants de la guerre avions de participer à la construction du Monde d'Eden. Et nous avons failli réussir.
Aujourd'hui je suis un senior affaibli et souffrant et je continue le travail d'Africain mais au niveau de mon village. Je salue tout le monde comme en Afrique, j'écoute tout le monde, je radote parce que je sais que cela donne un immense sentiment de supériorité aux autres.
Je gardes les chiens de tous ceux qui doivent partir, parfois en vacances, souvent en hôpital.
Je donne des cours de soutien et je pourris le marché en étant gratuit.
Et surtout comme nos Maîtres nous l'ont enseigné avant de nous envoyer en Afrique, je cherche en tout et en tous ce qui est bon, les pousses qu'il faut arroser pour que l'arbrisseau ne meure pas.
Vous êtes né en 70 et nous, génération un peu folle nous allons vous laisser la dette que nous avons fait, la pollution que nous avons vu venir mais que nous avons sous-estimé.
Je vous remercie d'être un de nous, les enfants de la dernière guerre, en créant Lilimath, vous avez fait avec vos moyens une réalité du monde que nous révions.
Je suis aujourd'hui le laboureur de La Fontaine qui voyant la mort venir, crie sur tous les toits, oui, nous allons manquer d'eau, d'eau potable, de nourriture, d'argent, d'énergie propre, nous allons devoir nous battre pour survivre, mais c'est le fond qui manque le moins, et le fond c'est que le Problème a des solutions faciles, même si chaque solution implique un prix a payer.
Vous savez, à la fin de ma vie, ce qui m'étonne encore et chaque jour, est l'incroyable gentillesse et générosité de chacun, et ce qui m'étonne c'est cette honte de chacun a admettre cette générosité et cette gentillesse.