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Amour


De l'Amour

On dit que les eskimos ont plus de 100 mots pour désigner les formes de neige,

maman a planté ce pêcher,
Il s'est cassé,
Il a repoussé.
Neige devant la maison de maman
Neige comme du temps d'avant.


les bédouins pour désigner les formes de sable.

Nous, nous parlons d'amour et nous confondons amour et amour.
Nous avons le même mot pour:
La mère qui aime ses enfants
L'homme qui aime sa femme
Celui qui aime son voisin
L'enfant qui aime ses parents
L'Homme qui aime sa patrie.
L'Homme qui aime son chien
Et pourtant il me semble qu'en aucun de ces cas il ne s'agit d'amour.
Je n'ai pas une passion délirante pour l'apôtre Paul. Un immense respect, une grande honte à ne pas avoir sa force, son courage. Ses écrits me rappellent les notes de service de l'Administration. Ce qu'ils étaient. Paul était confronté à des problèmes réels et vrais et immédiats, faire fonctionner des communautés de vraies personnes.





Il apparaît que ces communautés comme toujours se chamaillaient. Peu de situations sont pires que celles des "bons" qui se chamaillent car si vous êtes le "bon" alors vous ne devez pas céder.
Paul a donc écrit pour leur expliquer ce que c'est que l'amour. Et il leur a dit que l'amour c'est bien cela, ces disputes, ces conflits, ces vexations, cette vie ordinaire de tous les jours qui ne doit pas mener ni à des guerres, ni à la rancune, ni à l'hostilité, mais au pardon et l'acceptation de l'autre.
L'amour n'est pas quelque chose qu'on éprouve, mais quelque chose qu'on choisit. Je ne comprends pas l'Autre, je trouve même qu'il est parfaitement con et odieux, mais je l'accepte entièrement parce qu'il est créé comme moi et qui suis-je pour dire que son mode d'emploi est moins bon que le mien ?
C'est aussi dans les évangiles qu'on trouve cette phrase "si ton ennemi te demande de marcher 1 km avec lui, marche 2 km avec lui " ou quelque comme cela.
Cela enlève beaucoup du mystère, de la beauté, de l'exaltation de l'amour.

Aimer devient quelque chose comme se brosser les dents, un acte qu'on fait parce qu'il faut le faire; je pardonne l'Autre sans grand plaisir, sans grand intérêt, le pardon et l'acceptation devient comme une hygiène.

Puisque je suis dans la théologie, vous avez remarqué comme tout le monde, que nulle part, il n'est dit dans la bible qu'il faut croire en Dieu ? Il est dit ce qu'on doit faire pour vivre avec les Autres. On en arrive à ce paradoxe qui fût relevé par les Pères de l'Eglise que pour bien croire en Dieu, le mieux est encore de ne pas croire en Dieu.
Ceci est une vieille discussion entre les Eglises suédoises et Finlandaises. La théologie a toujours été différente selon qu'on soit à l'Ouest ou à l'Est. Les deux parties se rendant compte qu'on peut différer et avoir raison tous deux.
Ainsi à Noël les Suédois veulent que cela soit la fête de la joie et de la famille, le prêche de Noël est plein d'amour et d'espoir, le prêche finlandais est surtout basé sur le traditionnel " repentez-vous misérables pêcheurs ".
On a dit qu'aimer dit c'est pleurer à chaque moment en voyant sa Création dévoyée, certains on dit qu'Aimer dieu c'est se réjouir et rire avec dieu. Il n'a pas contradiction.

Et lorsqu'on a bien fini cette explication, un étudiant se lève et vous fait remarquer que Paul a aussi dit qu'on peut donner tout son argent, tout son temps, même son corps et que ce n'est pas pour cela qu'on aime Dieu. Phrase qui allait donner lieu à des siècles de débats entre protestants et catholiques, entre orthodoxes et romains.
Pour moi, Scandinave, si je décide d'acheter une Kalachnikov, de tuer tous mes voisins, de vendre mes souvenirs aux journaux, je ne suis pas plus ni moins haïssable que Mère Thérèsa car selon notre vision chacun marche sur les traces déjà marquées de notre destin. Nous n'avons même pas besoin de nous repentir.
Selon la théologie scandinave, ce n'est pas moi qui me suis créé, toutes les plaintes sur ce que je fais doivent être adressées au Créateur.
En fait ce n'est pas si simple que cela, car la même théologie dit que " Seul le Créateur est responsable " mais comme de notre point de vue limité nous sommes apparemment libres, nous devons faire comme si nous étions responsables. Thème si bien développé par Huxley.
Huxley qui a si bien décrit l'Amour. Dans 1998 ? Huxley fait que le héros et l'héroïne (Julia) soient emprisonnés. Le héros est torturé jusqu'au jour où il dit face au bourreau "Do it to Julia "
Alors enfin le système sait que l'amour est vaincu, il a préféré sa vie à la vie de celle qu'il aime.
Le psychiatre sait que lorsqu'un couple aimant apprend que l'un est atteint d'un cancer mortel, la première réaction d'une milli-seconde du non-atteint est une joie car il a gagné et il a survécu. Si cela n'est pas mis à jour, de graves lésions peuvent suivre.
Vous aimez la physique nucléaire ? Les Pères de l'Eglise faisaient de la physique nucléaire sans le savoir :
Si je tue toute la rue, de mon point de vue je suis coupable car libre.

De votre point de vue je suis nuisible mais pas coupable car je suis ce que je suis.

De mon point de vue, me regardant avec vos yeux, je ne suis pas coupable.

De votre point de vue, me regardant avec mes yeux, je suis coupable.
Cela peut paraître abstrait, cela l'est, mais c'est marrant de voir que 2000 ans avant les physiciens nucléaires, les philosophent comprenaient déjà que la réalité de l'infini (petit, grand, distant, caché) dépend de l'observateur.

Maxime le confesseur,VII siècle, penseur byzantin avec des commentaires contemporains. (1200 mots)
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Préambule

Ce texte m'a frappé. D'abord il est vieux de 1300 ans, cela rend humble. Ensuite il étudie quelque chose qui a complètement dérapé aujourd'hui. Nous sommes en une époque qui confond amour et passion, amour et reproduction, amour et préférence. Voici un texte qui nous dit que l'amour ne peut exister que sans passion, tout le contraire de notre industrie du divertissement.

Curieusement, cet amour existe aujourd'hui, chez nous.

Vous qui soignez en hôpital, vous soignez le pauvre comme le riche, le blanc comme le noir, l'aimable comme le grognon, l'homme comme la femme, l'athée comme le croyant, le sage comme le fou, chacun de nous reçoit un amour parfait chez vous, en vos soins. Chacun a droit à votre amour parce qu'il est homme, comme vous.

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Préambule deux

De nos chers correspondants préfèrent des textes qui ne parlent pas de dieu. C'est plus une question de grammaire que de foi. Dieu est un acronyme qui signifie "l'inconnaissable qui est à l'origine du temps et de l'espace et de la vie". Si vous préférez un autre acronyme, remplacez à votre convenance.

Notre génie français, Pascal, dit que "croire, c'est choisir". Pas choisir tel ou tel système, mais de choisir de vivre en aimant les autres comme soi-même. D'autres choix sont possibles.

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préambule trois

A l'origine de ce texte, les multiples reportages sur la fourmi d'Argentine qui envahi nos contrées. La fourmi d'Argentine est exceptionnelle. Vous  prenez une fourmi de Briare et vous la mettez à côté d'une fourmi de Mazamet et c'est la guerre. Vous prenez une fourmi d'Argentine à Marseille et vous la mettez à côté d'une fourmi D'argentine de Barcelone et elles se reconnaissent comme semblables.

Vous prenez un homme de Dunkerque et vous le mettez à côté d'un homme de Pékin et vous avez, vous avez quoi, est-ce qu'ils se reconnaissent comme semblables ?
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Heureux l'homme capable d'aimer tous les homme également!

Celui qui aime Dieu ne peut pas ne pas aimer tout homme comme lui-même,

Dieu, qui par nature est bon et sans passion, aime également tous les hommes, oeuvres de Ses mains, mais glorifie le juste parce qu'il Lui est intimement uni par la volonté, et dans Sa bonté a pitié du pêcheur. De même 1'homme bon et sans passion aime tous les hommes également. Il aime l'homme vertueux à cause de sa nature et de sa volonté bonne. Et il aime l'homme dépravé à cause de sa nature et par compassion, car il a pitié de lui comme d'un fou qui erre dans les ténèbres.

Il n'a pas encore la charité parfaite, celui qui est encore affecté par les caractères des hommes, qui, par exemple, aime celui-ci et déteste celui-là pour un oui ou pour un non, ou bien qui tantôt aime, tantôt déteste le même homme.

La charité parfaite n'admet, entre les hommes qui ont tous même nature, aucune distinction basée sur la différence des caractères. Elle ne voit jamais que cette unique nature et elle aime également tous les hommes, les bons comme des amis, les méchants comme des ennemis, leur faisant du bien, les supportant avec patience, endurant tout ce qui vient d'eux, refusant obstinément de voir en eux de la malice et allant même jusqu'à souffrir pour eux si l'occasion s'en présente. Ainsi peut-être s'en fera-t-on des amis; jamais du moins on ne sera infidèle à soi-même, et sans cesse, à tous les hommes également on montrera les fruits de la charité.

Dans ses Centuries sur la charité, saint Maxime le Confesseur, grand spirituel et théologien byzantin du VII siècle, que plusieurs exils successifs mirent en présence d'hommes de races, de cultures et de croyances différentes, souligne que l'amour parfait du prochain consiste à traiter les hommes, quels qu'ils soient, de manière absolument égale.

Spontanément (et tant que nous assimilons la charité à un mouvement d'affectivité) nous aimons les hommes de manière variable: davantage ceux avec qui nous avons des affinités, dont l'apparence physique nous est agréable, dont le caractère nous plait ou s'harmonise avec le nôtre, avec lesquels nous nous entendons bien et avons de bons rapports, qui partagent les mêmes valeurs que nous et ont un comportement que nous jugeons convenable; moins ou pas du tout ceux qui ont à notre goût moins bonne apparence, ou dont le caractère est difficile, avec lesquels nous avons des incompatibilités d'humeur, dont les idées et les préoccupations sont éloignées des nôtres, dont les valeurs ne concordent pas avec les nôtres et dont les comportements nous paraissent inconvenants... D'autre part, vis-à-vis des mêmes personnes - y compris, parfois, les plus proches -, notre attitude change selon les moments et les circonstances ; notre amour n'a pas à leur égard toujours la même qualité, ni la même intensité. Pour tel ou tel motif, ou même sans aucun motif, nous les aimons plus un jour, moins un autre jour, quand nous ne passons pas de l'amour à l'indifférence ou à la haine...

Tant que nous nous comportons ainsi, nous explique saint Maxime, nous sommes loin de la vraie charité, et nous sommes également loin de Dieu.

Car c'est seulement en imitant Dieu, autant que cela nous est possible, que nous pouvons être proches de Dieu et unis à lui. C'est seulement en aimant comme Dieu aime, que nous pouvons avoir la véritable charité. Or, Dieu aime également tous les hommes; il fait briller son soleil sur les méchants comme sur les bons (Matthieu 5, 45); il ne fait pas de différence entre les personnes (Marc 12, 14; Luc 20e 21) quant à l'amour qu'il leur accorde.

C'est seulement quand nous serons capables d'aimer les hommes sans faire de différence entre l'un et l'autre ni, pour le même, entre un moment et un autre que nous saurons que nous sommes animés par la parfaite charité, celle dont Dieu nous montre l'exemple et que par sa grâce il nous permet d'acquérir.

Cela suppose, dit Maxime, que nous renoncions à nos passions, lesquelles, nous attachant à nous-même, nous empêchent de connaître Dieu et d'aimer les autres pour ce qu'ils sont. Cela suppose en particulier, que nous cessions de juger le prochain, signe que nous nous prenons nous-même comme référence et que nous ne voyons pas en lui l'essentiel. Car celui qui aime vraiment son prochain - les saints en témoignent par leur comportement - ne voit jamais en lui aucun mal, mais le considère dans sa réalité profonde de personne créée à l'image de Dieu, qui est au-delà des qualités et des défauts liés aux apparences, aux moments ou aux circonstances. Il le considère en quelque sorte dans sa personnalité éternelle, telle que Dieu le voit et l'aime depuis toujours et pour toujours.



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