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La Nuit va venir


28 juillet 2001


Ceci n'est pas pour des enfants, ni pour des adultes

On se demande souvent, d'un air pontifiant
Pourquoi les malades grabataires hurlent !

Ce n'est pas de la fiction
Je raconte tout simplement
Même si on reconnaît sans mal
L'énorme film culte "Alien".

La nuit va venir;


Il balaie lentement en écoutant la radio
Il rêve à de beaux chevaliers pourchassant de belles dames
Qui ne courent pas bien vite
Il rêve
Il ne sent pas sur son dos, cette faible palpation
Il balaie, il écoute, il pense
La palpation se fixe doucement, le jus verd coule
(verd n'est pas une erreur)
Un avertissement commence à sonner dans sa tête
L'alerte est vive
Il se retourne, frappe avec le balai, repousse
Elle se retranche dans le coin du plafond, elle le regarde, sans haine
La nuit viendra.

Il écrit, un mot, une phrase
L'image est là devant lui, il n'a qu'à la décrire
Ses doigts cherchent une touche, une couleur, une saveur
Elle monte lentement du parquet, il ne voit rien
Ses neurones s'enroulent, s'attachent,
Cherchent dans le ventre l'angoisse nourrissante
Il sort de son texte, sent la tentacule
Arrache la bête, la rejette, elle le regarde sans haine,
Se retire dans son coin favori, là au plafond
Là, chez elle, là où elle est maître
Car la nuit va venir.


Le jour prend ce parfum d'or et d'église qui précède la nuit
Il installe les protections
La vie de l'écran de télévision vient remplacer les feuilles vertes
Qui l'avertissaient, lui disaient que tout allait bien
Les livres sont étalés comme un barrage de vie, de vies,
Le souvenir de tous ceux qui ont du l'affronter,
La bête n'aime pas,
Mais la nuit va venir.

L'écran est allumé, les livres sont ouverts, la radio
Est ce dernier lien avec la terre
Puis l'écran devient lointain, le livre confus, la radio un murmure
Elle descend lentement,
S'installe sur son visage, les tentacules plongent
A la recherche de ce marais puant source de vie
Car la nuit est là et la bête est maîtresse

Les neurones des tentacules, orties vivantes
Injectent leurs acides vibrants qui feront hurler sa mémoire
Et ressortir toutes les cicatrices,
Fruits délicieux
Sans lesquels la bête ne peut vivre.

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