Alzheimer: Do Ghosts Cry? | home
Suffoqué de Douleur
La douleur, Ravel, Schumann et Paul Klee
J'écoutais des gens en souffrance
Est-ce la souffrance qui fait apparaître les boucles de la pensée ?
Est-ce quelque chose qui est essentiel pour l'esprit humain.?
Ceux qui souffrent vous disent
<< et alors il m'a dit
<< et alors j'ai dit
<< et alors il m'a fait
<< et alors j'ai été
<< et alors ils ont dit
<<<< et alors il m'a dit
<<<< et alors j'ai dit
etc
on remarque dans la souffrance comme la boucle devient courte et obsessionnelle.
C'est à se demander si le << mal >>, ce n'est pas
De perdre celle qu'on aime
De perdre l'enfant qu'on aime
D'être vaincu
De savoir que le cancer vous laisse encore 1 an
C'est à se demander si le mal n'est pas la souffrance telle quelle.
Mais le fait que la souffrance envahie presque totalement votre pensée
Vous n'êtes plus en vos pensées que dans un revécu obsessionnel de la douleur.
Je crois que c'est Freund qui écrivait que nos pensées n'ont pas de vecteur "temps"
La souffrance d'hier est la souffrance d'aujourd'hui.
Cette réflexion est née à la lecture du dernier Tony Hillerman
Vous savez les histoires policières Navajo
<< Un homme est tombé >>
<< the fallen man (ce qui a un tout autre sens en américain >>
page 76, chez Rivages.
<< La culture Navajo qui avait donné naissance à Jim Chee
<< policier remplissant les fonctions de lieutenant
<< lui avait enseigné le pouvoir des mots et des pensées.
<< Les métaphysiciens occidentaux prétendent peut-être
<< Mais au cours des migrations qui les avaient conduits
<< ici depuis la Mongolie
<< en franchissant le détroit de Béring, les Navajos avaient amené
<< avec eux une philosophie asiatique beaucoup plus ancienne
<< Les pensées, et les mots dont elles sont issues
<< influent sur la réalité de l'individu.
<< Parler de la mort revient à l'attirer.
<< Penser au chagrin revient à le susciter.
Parlant avec ceux qui souffrent
Je remarques cette tendance à constamment revenir en boucles
Et plus la douleur est dure, plus la boucle est serrée
Plus la boucle est pauvre en mots.
Prenez un couple qui se déchire (mon amie de mes 18 ans divorce)
La douleur induit une pensée enfermée
La douleur est un rat enfermé dans un cage brûlante qui se dévore.
Ceci ne peut que vous rappeler le Boléro de Ravel
A part que là c'est l'esprit du Maître qui domine la boucle, pas l'inverse
Mais prenez les Kreissleriana de Schumann, n'est-ce pas l'exemple type de l'obsession subite ?
Prenez Bach qui explore dans le Clavier bien tempéré
Les variations sur un thème
Mais là c'est un esprit plus que sain qui s'exprime
Chaque répétition est une progression.
Prenez une peinture (j'arrive à me souvenir de ne pas écrire tableau) de Paul Klee
Qui utilise systématiquement le thème des successions
Prenez les œuvres de , pardon, trou de mémoire, Duchamps ??, le premier
Avec son épouse à travailler le thème des cercles concentriques
Changeant de couleurs. (Beaubourg, 5ème étage)
Prenez lez cathédrales
Ces accomplissements des thèmes dans les thèmes
Avec variations et développement
Est-ce que la répétition d'un thème est la manière de notre esprit
D'en explorer toutes les facettes
Puis l'esprit se faisant soit vieux soit détérioré
Cette répétition n'a plus de variations, elle est morte.
Question éternelle, quel rapport avec <<gerialist >>
Tout d'abord pour les directeurs d'Etablissement
Vous savez que les conflits avec le personnel ont cet aspect
De cycles répétitifs qui semblent exister de part eux-même
Sans forcément avoir un ancrage dans la réalité.
Prenez un malade qui est atteint d'une maladie grave
La douleur prend des formes différentes
Une douleur vive comme un fer rouge qui tenaille les entrailles
Entraîne l'esprit dans une micro boucle presque uniquement constituée du mot << douleur >>
Jusqu'au moment, les bourreaux le savent bien, ou la boucle se brise
Et la douleur peut être aussi forte qu'avant
Le supplicié est hors d'atteinte.
Un malade peut être atteint d'une douleur intense
Et pourtant sortir de la boucle parce que son esprit dit
<< la douleur >>
pas
<< ma douleur >>
Prenez un malade
Grave
Tant que l'espoir existe, la douleur n'est que douleur
Lorsque l'espoir n'existe plus
La douleur devient comme un rocher qui vous écrase de sa masse
Mais elle n'est plus << ma douleur >>