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La musique


Mozart dans l'ascenseur

Ce texte est né à la lecture d'un texte de M. C. et la lecture d'un texte de R. W. sur Bartok et de l'irritation des bandes sons déplorables censées soutenir de très bon films qui en deviennent des navets, tout cela parce que l'auteur a confié la bande son à un quelqu'un d'autre qui part de l'idée que nous sommes idiots et que la bande son doit nous expliquer à quel moment nous devons pleurer.

Ce texte appartient à gerialist car si vous faites attention, toute notre vie est vécue dans la musique. La vie est née de la musique. Lorsque la musique cesse, c'est qu'il n'y a plus de vie. Notre univers est une cloche résonnant d'une musique si basse que nul ne l'entend.

Mieux encore, quelle est la réponse à la question :

<< est-ce qu'il peut y avoir de la musique si votre mémoire est de moins de 1 seconde?>>

Chaque note devient un bruit sans aucune relation avec les précédentes.

Je me suis rendu compte grâce aux gosses passant dans leurs voitures suréquipées, que nous vivons dans une angoisse terrifiée, celle d'êtres sorties de l'utérus, que les gosses font des efforts (là, on ajoute automatiquement inhumain) pour retrouver l'utérus protecteur, et le retrouve dans la voiture/utérus et la sono qui est basée toujours sur les 4 temps du battement du cœur de la mère.

En gerialist, nous utilisons la musique pour créer une tranquillité dans l'esprit des soignés et des soignants, la musique diffusée dans les sonos des Maisons est  les battements du cœur de la mère porteuse et protectrice.

La musique, dit le texte de M. C., tout le monde sait ce que c'est et personne ne peut dire ce que sait (citations de mémoires, 30 migraines après avoir lu le texte, alors…). On retrouve cela dans Scientific American de ce mois-ci, tout le monde sait ce que c'est que la lumière et pourtant nous sommes incapable de comprendre ce que c'est, mieux encore, les équations descriptives sont incomplètes

Notre musique « à nous » c'est la musique que l'on entend dans les ascenseurs, c'est du sirop de Mozart, de la canzonetta de Vivaldi, c'est Sheila « c'est ma première surprise partie ».

Notre musique occidentale, jusque dans les années 70, c'était un désastre. Elle se résume à un mot abominable « la mélodie ».

Nous retrouvons ceci dans les avis de ceux qui aiment la musique, qui vous décrivent le plaisir qu'ils ont a écouter le concerto pour piano de Tchaïkovski, la sixième de Beethoven, le concerto pour piano de Mozart, celui qu'on utilise dans les films, les Passions, toutes des musiques basées sur les larmes et la caresse du sirop.

Puis, par je ne sais quel miracle, arrivent les années 70 où des génies immenses comme Jimmy Hendrik, déchirent le son, le décompose, le recompose, la musique n'est plus du sirop dégoûtant.

France-culture nous rappelait cette phrase :

<<L'occident nous a donné la mélodie, l'Afrique nous a donné le rythme>>

et cela ne devait pas être leur bon jour, ils sont complètement passés à côté de ce que la musique orientale nous a donné la sonorité (timbre ?).

La musique, est basée sur 3 piliers visibles et 2 invisibles.

La mélodie (la guimauve)

Le rythme (le battement du cœur)

La sonorité. (la vie est née d'un battant heurtant un battu)

Et deux piliers invisibles.

Deux piliers, mais quels peuvent-il être ?

Est-ce que premier pilier n'est pas l'écho que la note trouve en vous ?

Une musique est un signal ; M. C. parlait des signaux des pélicans, un pélican au centre du groupe étant responsable de veiller et de centrer le groupe, émettant un son qui est au groupe ce que le phare et au marin, à la fois un signe de réconfort et un signe de danger.

Echo, car la musique doit rencontrer un lieu qui l'accepte ; si vous rencontrez un voyageur qui vous parle à vous, français, en japonais, l'échange sera limité.

Il en est de même de la musique, la musique entendue doit se trouver assimilée par votre système digestif émotionnel pour devenir une partie de <<vous>>.

Le triste résultat est que si vous, français, voyagez à Beijing, et que vous alliez à un concert de musique chinoise, votre ennui et incompréhension sera total.

L'autre pilier est la mémoire ;

La musique est une succession de sons, chacun de ces sons pris séparément n'a pas grand sens, c'est vos qui en retenant toute la séquence transformez quelque chose qui n'était qu'un tas de gravats en un château.

Un pilier est difficile à comprendre ; Boulez a écrit des musiques qui sont apparemment des successions de notes qui tombent au hasard. Avec l'ordinateur, créer ce genre de musique devient facile. On retrouve la même technique en peinture, en tissage, partout.

Qu'est-ce qui est curieux alors ?

Au moins deux évènements sont curieux.

Certaines séquences apparemment résultat de hasard (Pollock ?) sont perçues comme belles et agréables et harmoniques et régulières.

Certaines musiques aléatoires sont perçues comme étant régulières et harmonieuses.

La perception ne s'arrête pas là. Si vous écoutez pendant quelques semaines la même composition musicale crée par une machine aléatoire, au bout de quelques semaines votre esprit aura trouvé de l'ordre et de l'harmonie dans cette création et en tirera du plaisir.

Tous ces mots et pourtant je passe à côté de ce qui est la seule vérité, on ne peut pas plus vivre sans musique que vivre sans battement de cœur.