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Phantasme


Fantasmes

Les Rochers et les moules fantômes.
Un rocher, un rocher nu.
La mer, la mer qui vit autour du rocher.
Tout est calme, tout est en équilibre.
Le rocher est vieux de millions d'années, la mer n'a pas d'âge.

Un spore de moule erre dans les brumes sous marines.

Le rocher, la mer, le spore qui approche, passe, s'éloigne, s'approche, ne touche pas, s'éloigne, s'approche, touche, s'accroche par un mince filament visqueux.

Le rocher ne sait rien, il est indifférent à ce spore qui lui est étranger.
La mer est indifférente, ce spore, d'autres, passent viennent, se perdent.
Le spore s'accroche, les filaments durcissent, le spore se développe, une moule s'installe et s'accroche sur le rocher, s'installe si fortement que plus tard il faudra blesser le rocher pour arracher la moule.

De même dans nos vies, les fantasmes nous entourent dans le flou du temps et de l'espace.

Ces fantasmes sont là, un hasard les approche, un hasard les éloigne, un hasard les installe en nous.

Et un fantasme est installé en nous, grandit, prend de notre substance, faire écran entre le monde et notre intérieur.




La vaillante chèvre courageuse et le méchant loup.
Un fantasme inévitable, tellement inévitable qu'il doit être nécessaire pour notre survie.

Nous sommes la vaillante chèvre courageuse qui ne fait de mal à personne, qui broute tranquillement son herbe.

Que voilà ? bien sur le méchant loup qui veut manger la vaillante chèvre qui est si gentille.

La gentille chèvre si gentille se bat contre le loup avec ses petites cornes et ses petits sabots. Dans le coeur de la gentille chèvre à la fois une immense tristesse qu'il y ait des méchants loups en ce monde et la tristesse de savoir qu'à la levée du jour elle sera dévorée. Mais la gentille chèvre si innocente a aussi une foi folle et déterminée que cette fois-ci le méchant loup ne va pas gagner.

Nous nourrissons en nous avec raison le fantasme de la gentille chèvre, le méchant loup c'est lui, c'est elle, c'est eux.

Pas de chance ce fantasme provoque un effet miroir, lorsque je crois voir devant moi l'autre qui est ce méchant loup, l'autre alors se voit comme la gentille chèvre et je deviens pour lui le méchant loup.

Le berger qui garde la montagne lui ne voit que deux loups qui se battent, peut-être deux gentilles chèvres enragées. Qui se battent.  

Le Gentil Hitler et les méchants Juifs.

Lorsque ça va mal, il nous semble évident qu'il doit y avoir une raison.
Chômage, misère, anarchie, la faute à qui?

A ce moment l'important est de bien faire la différence entre nous, les opprimés, nous les gentilles chèvres qui se battent courageusement et les loups sournois qui se glissent dans notre troupeau, loups parfois si rusés qu'ils s'habillent de peaux de gentilles chèvres.

Nous devons nous défendre contre les loups. Nous sommes gentils, innocents, faibles. A cause de notre faiblesse nous devons être sans pitié.

En cette occasion ce furent les juifs qui furent désignés comme les méchants loups après qu'on ai essayé dans ce rôle les tziganes, les anormaux, tous ceux qui se différenciaient de nous.

Il faut comprendre que pour la gentille courageuse chèvre c'est un devoir envers soi-même et toutes les autres chèvres (courageuses et gentilles) de faire face aux loups et de les détruire. Avant tout de les identifier.

Le raisonnement marche tout aussi bien avec les chrétiens, les musulmans, les noirs les ceci et les cela dans le rôle des méchants loups, l'important étant qu'ils soient différents de nous et nous fassent peur.

Probablement que le gentil Hitler (vous savez qu'on pouvait lui faire confiance car il aimait tellement les enfants?) n'avait pas de haine personnelle contre les juifs en tant que personnes humaines, mais que sa haine venait du fait que les juifs étaient des étrangers qui menaçaient les gentils innocents et paisibles allemands.

L'Homme qui voulait se voir.
Un homme nu fut pris du désir de se voir.
Il réfléchi et trouva la solution. Il se mit debout, bien droit, fit deux pas en avant et se retourna.

Incompréhension, il n'y avait personne à voir ; est-ce que je n'existe pas?
L'homme nu réfléchi à ce problème devant le feu, la fumée tranquille l'accompagnait.
La solution lui vint.

L'homme nu s'habilla d'une peau de bête. Il se mit dans la plaine, fit deux pas en avant et se retourna et voilà c'était simple il se vit. Enfin il vit la peau de bête. Il espérait encore mieux.
L'homme nu retourna auprès du feu, il regarda les messages si doux de la fumée et la solution lui apparue.

L'homme nu mit ses vêtements de peau de bêtes, des cornes sur la tête, des os en travers du nez, de l'ocre sur ses joues, de la terre sur ses cheveux, des bracelets d'os à ses chevilles.
L'homme nu retourna dans la plaine, se tint debout, fit deux pas en avant, se retourna et enfin il se vît.

Le tigre
Un homme arrive aux urgences, en sang, des coupures partout.
     -Docteur, j'ai mal soignez moi !!!
Les docteurs le regardent et lui demandent:
     -Pourquoi tenez vous ce tigre par la queue?
Et l'homme répond:
     -Quel tigre?

Le Hérisson
Un hérisson arrive chez le psychiatre.
     -Docteur j'ai mal, je sens comme des coups de poignard !!
Le psychiatre trouve que le malade hérisson a l'air tout à fait normal. Il lui dit:

     -Vous m'avez l'air en très bonne santé, mais pour en être sur je vais prendre votre tension.

Le psychiatre prend son stéthoscope et s'approche du hérisson.
Le hérisson prend peur, les aiguilles se dressent,
     -et s'enfoncent dans le hérisson.

Les poupées.

Un enfant découpa une poupée dans du papier. Il lui semblait qu'elle ressemblait à un homme.

Inspiration, l'enfant se dit:
     -Alors découpons une autre poupée qui ressemblera à une femme.
Ce qu'il fit. Il mit les deux poupées côte à côte, elles étaient belles, elles allaient bien ensemble.
Une porte s'ouvrît, un courant d'air et une poupée vola d'un côté, l'autre de l'autre. L'enfant persistant les remit ensemble.
Le chien décida qu'il était temps que le chat fasse sa gymnastique du matin, les poupées s'envolèrent. L'enfant obstiné les rassemblât. Passe l'aspirateur et les poupées, une sous l'armoire, l'autre introuvable.
La nuit vint, l'enfant réfléchit.
Le lendemain il attachât un fil au sommet de la tête de la poupée « homme » et un fil au sommet de la poupée « femme ». A chaque fois que les poupées se séparaient il suffisait de tirer vers le haut et magiquement les poupées se retrouvaient ensemble.

Une enfance suédoise heureuse.

Contrairement à ce que je croyais j'ai été très heureux. Je ne crois pas qu'un enfant puisse honnêtement parler d'une enfance aussi heureuse que celle que j'ai connue depuis ma naissance jusqu'à mes 11 ans.

Je crois que j'ai été heureux et que je suis heureux mais que je porte le malheur en moi comme d'autre porte le diabète. Je suis comme un peuplier qui peut avoir l'air magnifique et dont le coeur est pourri.

J'ai été un enfant aimé, soigné, choyé, je n'ai pas de souvenirs de malheur profond, j'ai comme il se doit des petits chagrins, des petites peurs, des petits malheurs.

Dans cet univers, vers 4 ans apparaissait une faille puisque j'avais un cauchemar étrange, qui n'était pas vraiment un cauchemar. J'étais éveillé, quelque chose d'énorme m'écrasait, c'était même plus compliqué que cela ma main droite devenait énorme, lourde et chaude et suffoquait quelque chose qui ressemblait à une aiguille. Evidemment que maintenant je peux donner la  même explication psychiatrique que tout le monde, mais le physiologue que je suis pense qu'il s'agissait simplement d'une dilatation mal vécue des vaisseaux de la main.

Heureux, un enfant heureux.

La naissance de ma soeur ne réveille aucun souvenir négatif, plutôt des souvenirs agréables. Ma soeur, étant bébé me rappelle des souvenirs désagréables, il fallait la nourrir, la veiller la nuit. Idem pour mon frère. Je n'ai aucun souvenir des ces jalousies que j'aurais dû avoir. J'étais tellement installé dans ma vie que ces petites choses, frères et soeur, appartenaient à la vie et tous comptes faits n'étaient pas déplaisants même si ils étaient incompréhensibles.

Je date l'arrivée du malheur vers 11 ans mais ne sais pas pourquoi. J'ai fait un 5ème désastreuse, calamiteuse. A partir de cette année là le Collège a été un enfer. Chaque jour j'ai eu peur. Vers cette époque j'ai découvert que j étais habité par le malheur. Un enfant handicapé, le premier que je voyais est arrivé à la maison, il ne pouvait parler que par grognements, pour la première fois j'ai hurlé de pleurs devant la souffrance d'un autre.

Chaque jour j'ai eu peur, au collège.

Chaque jour j'ai eu peur à la maison.

J'ai eu peur le soir, peur le dimanche, peur à la fin du mois.

Les explications sont celles de tout enfant. Au collège je me suis vécu pas beau, pas gentil, pas aimé, pas aimable.

A la maison c'était l'enfer d'un couple qui se déchirait.

Puis j'ai eu une année de bonheur lorsque j'ai redoublé ma terminale. Je remercie la vie de ce cadeau merveilleux, des copains. Redoublant, je n'avais pas à craindre de ne pas maîtriser mes cours.

Le dernier jour de ma terminale, je me suis approché d'une fille. Ce n'est pas comme aujourd'hui, il n'était pas question de faire l'amour, c'était peut-être mieux ainsi. J'ai d'elle des souvenirs merveilleux.

Cependant déjà vers cette époque la faille s'était ouverte, si on m'avait dit « cette femme ..... t'aime » j'aurais trouvé cela du plus mauvais goût. Autant un chien semble persuadé que tous peuvent et doivent l'aimer, autant j'étais, je serai et je suis persuadé de ne pas pouvoir être aimé. En fait la question ne se posait même pas. Est-ce que la poubelle réfléchit la nuit sur l'amour que les gens pourraient lui porter?

Suivent quelques années de malheur profond en Suède. Une solitude presque totale. Je n'avais rien.

Puis un oasis, lorsque je fais ma préparation pour l'Université Agricole, une fille finlandaise, belle comme un top model, probablement par une erreur de la vie, a été en sympathie avec moi quelques mois. Je ne sais pas ce qui te sera arrivé plus tard, Tiny, mais si comme tout était contre toi sauf ta beauté, tu as du sombrer, vraiment, pour ce que tu as fait pour moi tu ne peux qu'être assise à la droite du Seigneur dans ton immense beauté.

A l'Université, Annie m'a prêté une amie suisse pour un été, un été j'ai vécu la vie normale d'un jeune homme. Je dansais, je dansais avec plaisir. Comme la vie peut être simple.

Après j'ai fait comme tout le monde. Puisqu'on ne pouvait pas aimer Nils, alors peut-être pouvait-on avoir de l'amitié pour l'assistant d'enseignement (à l'Université), puis pour le Fonctionnaire vulgarisateur de la FAO. Ce qui se révéla être vrai.

Lorsque mon armure est tombée nous avons tous vu qu'à l'intérieur il n'y avait rien. L'armure était l'homme.

La foire foraine des âges de la vie

L'homme arrive à la foire foraine. Des manèges, des tirs au fusil, des animaux.
L'homme monte sur le manège, et sur le manège il a de nouveau 5 ans. Il pourrait ne pas avoir 5 ans, il pourrait être un adulte, mais les chevaux qui montent et descendent, les couleurs, le manège qui tourne en rond, la musique, l'homme a 5 ans.

L'homme va au tir au fusil. Il a 15 ans.  L'odeur de la poudre, le cliquetis de la balle sur la plaque, les cartons qui ne se trouent jamais au milieu, les fusils qui sont toujours faussés, les copains qui regardent. L'homme a 15 ans.
On croit qu'on a 56 ans parce qu'on est en situation de 56 ans. Mais la fête foraine est là et je suis le gardien à l'entrée et j'ai 70 ans, je suis le garçon sur les chevaux qui montent et descendent et j'ai 5 ans.
Dans la vie le manège tourne à chaque heure et je suis l'adulte puis le chef puis le serviteur puis le garçon puis le mari puis l'enfant puis l'adulte, parfois je suis plusieurs à la fois.

C'est le manège qui fait l'âge.

C'est la situation qui va créer mon comportement. Un être insignifiant devient Président et cet être insignifiant dévoile des qualités, des caractères inconnus. Un être calme et tranquille est plongé dans un ouragan d'agression et devient un meurtrier innocent.   

L'éléphant et le cornac.

L'éléphant est énorme. Le cornac assis sur sa tête le guide. Le cornac croit qu'il possède la force de l'éléphant.

Sur le côté, derrière l'oreille, l'éléphant a une glande, lorsque; celle-ci est active, l'éléphant est en « maout? ». Alors la force animale se déchaîne et le cornac est écrasé.
Pareillement nous croyons que notre intelligence guide notre vie,  sans nous rendre compte de la force de l'éléphant qui est en nous, éléphant qui  se déchaîne régulièrement et tue tout dans son passage.

Les mobras

Les mobras attaquent lorsqu'ils sont attaqués. Leur blessure n'est pas mortelle. Ils injectent un venin qui agit très lentement.

Le venin du mobra se développe à l'intérieur du corps et détruit peu à peu l'image du blessé. Le mobra injecte très peu de venin car il sait que la tête du blessé va reproduire ce venin jusqu'à ce que la mort arrive.

Le naufragé et le naufragé.

Un homme est naufragé. Il sort de l'eau et nage.
Il est très fatigué, chance! une planche apparaît. Il s'accroche à la planche. Celle-ci est si petite qu'elle suffit tout juste à le soutenir mais l'espoir est là, à l'horizon il voit les contours d'un rivage.
Il entend un appel :
     « Au secours, je me noie ».
Que faire, si il partage sa planche, il sauve provisoirement deux vies, provisoire qui doit se terminer par la mort des deux.
Peut-il refuser de partager la planche qui le soutient.
Règle du jeu : si vous trouvez une solution, supprimer les conditions permettant cette solution et reprendre le  problème depuis le début.

Il était un petit navire.
St Paul, le marteau et le tournevis
Saul était un sale type, St Paul était un emmerdeur. C'est le même homme. Saul est un coincé qui a des problèmes avec à peu près tout et qui se raccroche désespérément à la loi pour résoudre ses problèmes personnels. En un premier temps il est prêt à tuer tous ceux qui l'inquiètent, à savoir ceux qui contestent la loi telle que Saul la connaît.

Puis Saul est converti, il reste exactement le même type mais au lieu d'utiliser l'ancienne loi comme norme de comportement, il utilise la nouvelle, ou sa compréhension de la nouvelle loi. L'important est de comprendre que Saul ou Paul, c'est le même homme, l'un est un sale type, l'autre est un saint.

La question est donc un marteau peut-il devenir un tournevis?

Le marteau est lourd, grossier. A première vue on voit mal à quoi il peut servir. Le tournevis, mince, élancé avec sa belle poignée, sa pointe spéciale se moque du marteau. Le marteau voudrait bien être un tournevis. Il se met au régime pur maigrir. Il veut affiner son manche pour avoir une pointe.
Mais le marteau est un marteau. Il n'a pas de valeur éthique. Employé pour enfoncer un clou, le marteau est-il bon ou mauvais? Et le clou? Si c'est un clou pour faire une maison ou un clou pour la croix est-ce que cela fait une différence éthique?

A première vue le tournevis est éthiquement bien supérieur. Encore qu'un tournevis n'est pas loin d'un couteau.

L'important est de comprendre que le marteau est marteau. On est tenté de penser que le marteau peut-être un objet utile, c'est à dire bon, ou un objet malfaisant. En fait un marteau est un marteau. Saul est Paul.

La première loi de la vie.

Nous vivons en monothéisme depuis si longtemps que nous ne comprenons plus pourquoi il a fallu faire tant d'histoires au sujet de la première loi du décalogue.
     Tu auras un seul dieu.
Nous avons tendance à oublier que cette nouvelle loi vient en opposition avec la loi de la nature qui dit:

     Tu Dois Vivre.

La première loi de la nature est née avec la naissance du monde, sans cela la naissance du monde n'avait aucun sens. Tout ce qui est vivant est programmé pour vivre et survivre. Plus précisément tout ce qui est vivant est programmé pour transmettre sa vie, donc la protéger.

Depuis tout le temps la réflexion s'est posée la question des limites de la première loi, si je dois vivre et que la même loi s'applique à tout ce qui est vivant il semble que le conflit soit inévitable, peut-être même souhaitable.

Arrive la deuxième loi du décalogue qui dit que ma vie n'a pas plus de valeur que n'importe quelle autre vie, peut-être même dit elle que la vie de l'autre est plus importante que la mienne.

Supposons que nous prenions la deuxième loi du décalogue au sérieux (surtout pas!!!), nous faussons alors toute la programmation du développement de la vie.
Si la vie de l'autre devient encore plus sacrée que la mienne qu'est-ce qui va décider de la forme de vie qui se multipliera et dominera l'univers?

Une pièce de théâtre : casting.
Dans le rôle du personnage principal : MOI
Les autres rôles (mineurs), tous les autres.
Une pièce de théâtre, thème:
 Dans le rôle du Bon et Gentil « MOI ».
Dans les rôles des méchants, tous les autres.

Vivre
La cellule qui devient cancéreuse serait une cellule qui se refuse à mourir.
L'esprit qui s'arrête dans l'Alzheimer serait un esprit qui refuse la vieillesse.

31 octobre 1996     Page -7-
Génèse

Il est remarquable que la Genèse parte de l'idée que l'homme a été créé à partir de l'argile car c'est en effet probable que l'argile avec sa structure régulière et irrégulière a servie de matrice au futur DNA.

C'est une bien curieuse phrase que celle de la Genèse qui dit (26/27) "Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance et ..." puis plus en avant "Dieu créa l'homme à son image, il le créa à l'image de Dieu". Quelle est cette nécessité de répéter d'une manière légèrement différente la même proposition ?

Ecole primaire

Le premier verbe que nous apprenons à conjuguer est le verbe "être". Et dès le départ nous plongeons dans le grand mensonge. Nous disons donc

     Je suis

Est-il possible de trouver phrase plus ambiguë que celle-ci. Nous prétendons avec cela que nous sommes le "Je", nous prétendons être capable de percevoir qu'il y a un "je" et pour ne rien améliorer, nous affirmons notre existence qui semble être unique.

Lorsque Jésus pourchassa les démons d'un possédé, leur nombre était légion. Nous pourrions dire avec un peu plus de vérité parlant de nous même:

     Nous sommes ....

On tremble aussi à la pensée de ce qui va suivre après la proposition

     "je suis .....

Je suis quoi ? Je suis occupé, je suis calme, je suis intelligent, je suis en colère.

Ne dit on pas en physique que la première règle est:

     L'observation ne doit pas changer l'observé.

La règle implicite étant aussi que l'observant ne peut pas être l'observé.

     Je suis ....... comment pouvons nous en arriver à considérer ceci comme une phrase tout à fait normale?

Les poupées ruses.

Une poupée qui contient une autre poupée plus petite et ça continue.
En fait, dans la vie, une poupée contient une autre poupée qui est plus grande qu'elle.

La poupée agneau contient une grande poupée tigre qui contient une grande poupée volcan qui contient une grande poupée arbre.

Hamburger

Il en est des sentiments que nous croyons avoir l'un envers l'autre comme des hamburgers.

D'abord nous voyons le pain, nous disons que le hamburger est du pain.

Puis nous découvrons en soulevant le pain qu'il y a du fromage, nous disons alors que vraiment, en profondeur, le hamburger c'est du fromage.

Puis nous découvrons un mélange de salade et nous déclarons (comme ces jeunes filles dixit Fenouillard) que nous n'y comprenons plus rien.

Puis nous creusons encore et arrivons à la viande grillée, il nous semble alors avoir enfin compris la vérité même si elle a un goût d'oignon qui fait pleurer.

Pas de chance nous continuons et nous retrouvons le pain.

Il en est de même de nos croyances concernant nos sentiments. Ce n'est pas parce que l'oignon fait pleurer et la mayonnaise adoucie que l'hamburger est plus oignon ou plus mayonnaise.

Les limites du "moi"

Enseignant aux adultes la physiologie humaine et les mathématiques j'ai été amené à mélanger les deux cours pour leur faire comprendre les notions de groupe et de limites et je me suis retrouvé moi-)même face à une question à laquelle je ne pouvais pas répondre.

La question posée aux élèves était :

Montrez moi du doigt les limites de votre "moi"

Ceci venait suite a un exposé en méthode flash sur les diverses personnages qui forment notre vue de ce qui est notre "moi".

     Celui que je crois être.
     Celui que je crois que les autres vois.
     Celui que je veux être.
     Celui que je crois avoir été
     etc ...

La première réaction des élèves est de ne pas vouloir répondre puisque la réponse est tellement évidente.

Après de nombreuses questions on en arrive à ce demander si les parties suivantes appartiennent au "moi":

     les cheveux
     L'intervalle entre les cheveux
     la bouche
     l'intérieur de la bouche
     l'intérieur des poumons
     l'air qui est des les poumons et était dans ceux de mon voisin il y a quelques secondes.

     la lumière qui rentre dans l'oeil
     les excréments.
     un bras, et si il faut l'amputer qu'arrive-t-il du "moi"
     un film qui rentre dans ma tête.
     un microbe/bactérie/virus

La question sur l'air et les poumons et les particules que nous partageons permet de beaux développements sur le "souffle" et la Genèse.

Extra terrestre.

Les formes de vie arrivaient de Mars. Elles étaient bipèdes, intelligentes. Elles avaient des mamelles dont l'utilité n'apparaissait  aux scientifiques. Elles s'installèrent sur la planète Terre. Explorant la Terre elles trouvèrent une forme de vie encore plus ancienne, d'après l'étude de leur vaisseau ces formes de vie provenaient de Mars. Elles étaient bipèdes, apparemment intelligentes à leurs manières, velues et avaient un curieux appendice entre les jambes.

Ces formes de vie étaient génétiquement compatibles ce qui fait croire qu'elles devaient avoir des ancêtres communs.

Ces formes de vie se croisèrent, les milliers d'années s'ajoutèrent aux milliers d'années mais toujours les vénusien restèrent des vénusiens et les martiennes des martiennes.

Paroles pas dites qui font mal

Selon Lacan, Un symptôme est une parole pas dite.

Préparations à la venue de Jésus

Les habitants du ciel sont réunis. Le PDG a convoqué la réunion pour savoir quel serait le bon moment pour envoyer le messie sur terre.

Le conseiller en communication recommande:

     une époque où la communication soit effective
     beaucoup de journalistes et de cameras pour que les évènements soient indiscutables.

Le Conseiller en stratégie recommande que le coup médiatique se termine par un évènement qui frappe vraiment la population.

Sauf le respect du au PDG il verrait bien une exécution du Messie

Cette exécution devrait avoir lieu à une heure de grande écoute et avoir quelque chose d'unique et de sensationnel.

Le Conseiller en histoire fait remarquer qu'évidemment l'année 2000 ne serait pas mauvaise du point de vue communication mais il voit mal qu'est ce que le messie pourrait faire de dramatique à une époque où la mort de centaine de milliers d'africains ne donne que quelques minutes au journal télévisé.

Le Conseiller en documentation fait rire tout le monde en exposant les avantages qu'il y aurait à ce que l'évènement :

     se passe en un lieu mal connu
     se passe sans aucun moyen matériel d'enregistrement
     se passe de préférence dans une langue mal connue
     que les témoins soient invraisemblables.

Le PDG se lève, regarde l'assemblée des conseillers et leur pose la question:

"Quel mérite aurait un croyant si la croyance est indiscutable ? "

La croyance, si elle a le moindre support matériel du genre "je crois parce que ceci ou cela" n'est plus une croyance mais une idolâtrie.

La seule croyance qui soit une croyance est celle basée sur un choix, celle de la personne qui dit :

"Rien ne le prouve, et choisir de croire en un créateur qui serait un créateur d'amour est une folie. Je choisis librement de croire".
Montagne

La neige bienveillante couvre la roche mortelle.

La représentation de la multiplicité.

L'opéra arrive à représenter la multiplicité d'un être. Pour une situation nous avons:

     la parole
     l'expression
     la position
     le chant
     l'orchestre

Chaque élément à son tour a des nuances.

     La parole peu être plus ou moins forte.
     Le chant offre d'innombrables expressions.

Nous en arrivons à exprimer les forces qui nous mènent ainsi que leurs rapports. Cependant on peut objecter que l'histoire est sans espoir, le texte étant écrit et ne laissant aucune liberté ; est-ce vrai? avez vous lu le texte par avance?

Pourquoi dans une discussion entre être humains ou animaux est-ce que en plus des mots formulés s'ajoute l'intonation?.

Sans l'intonation les mots n'ont pas grand contenu. C'est par l'intonation et l'attitude que mon chien exprime tout ses sentiments et désirs.

L'écriture délivre de l'intonation et du coup l'écriture n'a plus grand sens sauf celui que le lecteur lui donne.

Le chemin de Damas

Ce n'est pas un éclair qui a frappé Paul sur le chemin de Damas. Ce qui est arrivé est qu'il a soudainement vu sa vie, il s'est vu.

Dieu; dieu; Dieu, Jésus

Nous savons ce que c'est qu'un homme, mais est-ce que nous savons ce que c'est que dieu?