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Musique




L'amour, c'est combien en euro ?

Ce verbiage fait suite à une méditation avec Nicolas Lépine, Jean Marie Tinchant et Martine Cabanne. (et Monsieur Le Pen accessoirement, suite à sa déclaration " je préfère mes enfants à mes petits-enfants, etc ").

A la Maison de maman, l'infirmière blonde m'avait parlé de CD de musique des années 1940. J'ai donc acheté ces CD et amenés à la Maison. Je les ai remis aux collègues en disant "  Votre collègue, l'Infirmière Annie m'a signalé cette possibilité ". Infirmière Annie ????? Personne ne connaît. Puis lumière, c'est l'aide soignante Annie. Vive la lutte des classes, Arlette, où es-tu  !!!

Ci-joint pour votre profit une composition inoubliable avec Pauline Carton.




En mettant cette musique dans le coin des vieilles dames affalées, au début pas de réaction, puis une commence à chantonner, puis elles se réveillent et la musique et les paroles leur reviennent.

La vie étant toujours sympa, une seule dame n'aime pas cette musique et en éprouve une agression, c'est maman.

Il faut dire que si les bonnes actions étaient récompensées, tout le monde ferait des bonnes actions et qu'adviendrait-il du monde alors ?

Chantant ces chansons avec les vieilles dames, je me rends compte que je n'ai pas vraiment écouté les paroles auparavant. Puis le temps a passé et ces chansons sont devenues de vieilles choses désuètes qui font sourire.

Ces chansons pour caf-conc et beuglant, ces chansons racontent la vie, la vie telle qu'elle était alors. C'est loin d'être la vie en rose. C'est même très réaliste.

Une expression de ce temps là, une expression qu'on entendant dans les films genre " Hôtel du Nord ", cette expression, qui est toujours dans la bouche d'une femme, c'est :

" Dis-moi que tu m'aimes ". " Dis-moi que tu m'aimes plus que tout au monde ".

En passant, on remarque que l'incapacité des petits cons des banlieues d'avouer qu'ils aiment, ne date pas d'aujourd'hui.

" Dis-moi que tu m'aimes plus que tout au monde !!! "

J'écoutais un talmudiste commenter ce passage de la Torah où il est dit que lors du mariage, on doit déposer " une pièce ", symbole pensait-on de l'achat de l'épouse ; c'est beaucoup plus que cela.

Lors d'une union, nous assistons à une transaction :

Ma fertilité va s'unir à ta fertilité et ainsi la vie continuera, ou, exprimé dans le langage qu'on peut comprendre aujourd'hui :

" Mon cul pour tes fesses ".

La nature biologique nous astreint à des obligations. Il semble difficile de croire que l'accouplement, qui est un exercice fatigant et peu esthétique à donné lieu a tant de littérature.


La Nature biologique se moque de nous, elle nous mène par le bout du nez, ce qui dans ce cas est tout à fait juste physiologiquement. Lorsque mon chien commençait à humer l'air, j'avais intérêt à fermer la grille très vite. Pour nous obliger à faire un effort épuisant et désagréable, la Nature biologique utilise un leurre, ce leurre étant le plaisir. Nous sommes du domaine du

" si tu attrapes le lapin, tu auras un susucre "

La Nature est toujours économe, un sou pour elle à deux faces, au moins. Nous sommes dans l'obligation biologique de l'accouplement, alors la nature greffe sur ce processus nécessaire, autre chose.

Pour l'animal, la seule obligation, pour l'évolution des espèces, est que l'accouplement soit précédé d'une bataille, que le plus fort gagne la femelle.

Pour l'homme, se greffe sur l'accouplement, un mystérieux phénomène d'identification.

L'homme va rechercher non seulement une femme fertile (vous savez, ces squelettes qu'on voit dans les journaux, étant des succès, des people, sont en fait des symboles de fertilité, c'est absurde mais réel).

L'homme réagit à des symboles sexuels externes. Il s'accouple avec n'importe quoi. Mais lorsqu'il s'agit d'union, l'histoire devient différente. Ou plus riche.

L'homme s'accouple avec n'importe quoi mais ne s'unit qu'avec soi-même. Dans l'union avec la femme, l'homme recherche un autre lui-même.

Nous sommes ainsi construits que nos mécanismes nous imposent d'aimer ce qui nous est le plus proche. Le plus proche génétiquement, sociologiquement, anthropologiquement. Le contraire du plus proche peut être encore plus proche que le semblable.

Parmi les centaines de femmes qu'un homme rencontre, une va être l'unique.

Il reconnaît parmi les milliers de femme, que celle-là est " sa " femme, de même que l'oison lorsqu'il sort de son œuf intègre comme " sa " mère le premier objet qu'il voit.

Nous ne sommes plus en 1900 où nous étions choqués d'apprendre que nous nous unissons avec notre maternité. Ou avec notre ascendance. Ou avec nous-même.

Ce qui est un très très long développement pour arriver à la phrase clef :

L'amour est une transaction ;

Transaction de fertilité.

Transaction d'équilibre. La jambe gauche soutien la jambe droite, la jambe droite soutien la jambe gauche.

Mais jamais, absolument jamais, l'amour n'est gratuit.

" Dis-moi que tu m'aimes plus que tout au monde !!! "

Le problème étant que ce n'est pas vrai.

Au Libéria, grand pays de l'humour et de la blague qui fait rire, on demande au prisonnier si il veut qu'on coupe son bras gauche ou son bras droit, son bras ou sa jambe.

On demande au prisonnier si il préfère qu'on tue sa femme ou sa fille !!!

Ces grands plaisantins sont conscients de la souffrance que nous éprouvons lorsque la vérité se force à nous :

" Nous aimons plus celle-ci que celle-là ".

Est-ce que je l'aime plus que tout au monde ? Dans tous les couples modernes, arrive le jour ou un des couplants doit changer de ville pour suivre une promotion, chercher un travail ; est-ce que l'autre couplant doit alors abandonner son travail, ses amis, sa carrière, pour accompagner ? Est-ce que j'aime plus ma vie professionnelle que mon épouse ?

" Dis-moi que tu m'aimes plus que tout au monde !!! "

Un médecin urgentiste est confronté chaque jour à ce problème ; doit-il rentrer chercher ses enfants à l'Ecole ou doit-il réduire la fracture ouverte de l'accidenté ?

Seule solution ?

Tricher !!!

Occulter !!!

" Dis-moi que tu m'aimes plus que tout au monde !!! "

Curieusement, c'est la partie de ce texte qui semble la plus crue, la plus moche, la plus vulgaire, qui est la plus merveilleuse :

" Mon cul pour tes fesses "

Ceci nous met face à cette question qui était la première de l'Université de Tous les Savoirs ; Le vivant.

Pourquoi est-ce que tout ce qui est vivant veut vivre ? Pourquoi un virus veut-il vivre ? Un virus, cela n'a pas de conscience, pas de volonté, pas d'orgasmes, alors pourquoi un virus veut-il vivre ?

Quelle est cette obligation, cette loi inscrite dans le vivant, qui fait que tout vivant veut vivre ?

Car, si on regarde cette obligation face à face, alors, si tout vivant doit vivre, alors tout ce qui s'oppose à sa vie, doit être détruit?

Est-ce une tâche que nous pouvons porter sur nos épaules, que dans tout l'univers, nous les humains, sommes la seule forme de vivant qui n'est pas prête à tuer l'autre pour survivre, car l'autre, c'est moi ?

Comme dit Monsieur le Pen

" J'aime plus mes enfants que mes petits-enfants, plus mes petits-enfants que mes neveux, plus les enfants français que les enfants pas français, etc ".


" Dis-moi que tu m'aimes, que tu m'aimes plus que tout au monde "

mais ils ne se faisaient pas d'illusions, juste un petit cirque de moment de bonheur, ça se terminait avec le Jules qui partait au bras d'une autre gagneuse.

" Dis-moi que tu m'aimes, que tu m'aimes plus que tout au monde ".