Alzheimer: Do Ghosts Cry? | home
Bonheur
Le bonheur
Je voyais un film à la télévision avec une femme qui disait
<< j'ai choisi d'être heureuse >>
et c'est vrai en un sens que être heureux ou être malheureux est souvent un choix.
Je dis souvent (sauf à moi-même, je ne suis pas idiot à ce point là) qu'il ne faut pas plus d'énergie pour être heureux que pour être malheureux. Il faut plutôt moins d'énergie pour être heureux que malheureux.
C'est en fait une transposition de ce que je dis à mes gosses qui révisent avec Annie et moi
<< le secret de bonnes études, c'est d'être paresseux. Le cancre va apprendre la même leçon 5 fois et ne rien savoir, le paresseux l'apprendra une seule fois et la retiendra.
je dis aussi à mes élèves :
<< vous êtes comme le couillon du village à qui on demande de creuser une tombe pour une vache crevée. Le couillon creuse la tombe, puis il rentre à la maison boire un verre, puis il regarde la télé et s'endort devant, puis il se réveille et il oublie qu'il a creusé une tombe et il en creuse une deuxième et après il rentre à la maison, etc, etc >> Ca ils retiennent.
Le bonheur c'est comme l'avion qui vole, tant que les moteurs poussent, l'avion glisse sur l'air et tout est harmonie, lorsque le moteur cesse de pousser, l'avion crash.
Le bonheur
Le bonheur c'est comme un patineur qui glisse sur la glace, c'est doux, c'est rapide, c'est harmonieux, mais sous la glace attendent les monstres horribles et gluants de gloutonneries n'attendant que cette proie promise ; le bonheur est de patiner sur une glace qui tienne, de patiner assez vite pour ne pas rester en charge sur une glace mince qui va craquer, de ne pas penser à ces monstres étouffants qui attendent là en-dessous.
L'angoisse est de ne pas arriver à oublier ces monstres avides, gluants et glauques (bonjour Aloïs) qui attendent si patiemment.
Puis quelque chose m'échappe.
Le bonheur n'est pas dans le pré, surtout le pré vert du terrain de foot. L'Espagne et l'Eire viennent de se livrer à un match terrible et de très haute qualité, match qui se termine à la dernière seconde par les tirs au but.
Toute l'Equipe d'Espagne pleure de joie et de bonheur, toute l'Equipe d'Eire pleure de déception.
C'est désolant de voir à quel point nous avons besoin d'être vainqueurs pour être heureux.
C'est désolant à quel point non seulement notre bonheur est d'être vainqueur mais que la tristesse du vaincu est le sel qui donne du goût à notre repas de bonheur.
Vieillir, est-ce gagner, est-ce perdre ?