Je ne sais pas ce que j'ai bien pu faire pour mériter cela ;
Aujourd'hui vous vivez les années d'amertume, le médecin n'est pas honoré, le policier est méprisé, le pompier est agressé, l'enseignant humilité, les soignants méprisés, les consommateurs floués.
Vous êtes amers.
Nous, petits crétins ignares des années d'après guerre, nous avons vécu l'internationale de l'espoir victorieux.
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Probablement parce que nous avons hérité du courage de ceux qui ont survécu à 14-18, à l'occupation, aux premiers combats sociaux victorieux.
A l'Ecole j'avais des profs qui vendaient l'Huma dimanche sur les marché et un, qui est venu à son cours après un passage à l'hôpital suite à sa rencontre avec des para d'Indochine.
J'avais des profs qui nous rappelaient que peut-être l'hiver était froid mais que le boulet (charbon aggloméré du pauvre) venait des Mines du Nord et que nous, petits cons biens nourris, nous devions le respect à ceux de notre âge qui rampaient dans les galeries.
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dans l'espérance que l'Ecole était un goulag mais que les classes que nous allions construire allaient connaître des effectifs raisonnables, des professeurs qui ne devaient plus faire garçon de café pour ne pas mourir de faim, des programmes centrés sur le respect de l'homme.
la grande peur du cancer ; lorsqu'on vous annonçait que Monsieur Dupont avait le cancer, c'était vous annoncer que Monsieur Dupont allait mourir, mourir salement, et moi, j'ai vécu la lutte victorieuse contre le cancer.
les années où des enfants disparaissaient de l'école, certains avaient la polio et revenaient avec au mieux une patte folle qui pendouillait ; la plus belle fille de la communale est partie et est revenue, avec une jambe allumette. Puis le miracle Salk est arrivé et la polio est disparue, avec la polio est disparue l'horreur des photos des poumons d'acier. Ceux qui avaient la polio étaient en quarantaine, nous étions une société très paysanne.
les années " pas plus d'un litre par jour " , " les parents boivent, les enfants trinquent " et la lutte contre l'alcoolisme qui gagnait.
la grande prise de conscience du Tiers Monde. Lorsque je commençais mes études les chiffres étaient indiscutables, la famine creuse allait s'étendre sur le monde, nous avions les chiffres des besoins en importation de l'Inde. Puis Borlaugh est arrivé et soudainement, là où nous ne savions produire que deux tonnes de blé à l'hectare, nous arrivions à produire 10 tonnes. Des chiffres impensables, des chiffres martiens arrivaient à nos oreilles, des 10 tonnes de riz (paddy) à l'hectare et comme résultat, l'Inde devenait exportateur de produits agricoles.
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J'ai vécu l'espérance victorieuse.
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