Alzheimer: Do Ghosts Cry? | home
Post Mortem
Post Mortem
6 janvier 2002
Lorsque mon père est mort après une très longue, pénible et puante agonie, je me suis demandé pourquoi je ne l'avais pas fait soigner par des pointures, pourquoi est-ce que j'avais accepté les petits spécialistes pantouflards.
Et la plaie se réveille lorsque je regarde la série (médiocre) Dr Gideon. Hier, une fille (40 ans) va chercher par les publications et l'internet le plus grand spécialiste et elle va le convaincre de soigner son père. C'est illégal et impossible. Elle va mentir, tricher, faire de l'émotion, elle va forcer le destin. Je ne me souviens pas de la fin. Je n'ai pas fait cela. En fait je n'ai rien fait.
Deuxième problème, les CHU se doivent, si ils veulent améliorer leurs connaissances, de faire des autopsies. Pour cela il faut le consentement de la famille. Laquelle répond « il a assez souffert comme cela." Ce que j'aurais répondu si on m'avait demandé l'autorisation de faire l'autopsie de mon père.
Pourtant il était nécessaire de le faire. Mon père portait une maladie orpheline, une autopsie pouvait sauver des générations.
Mon père avait reçu des soins automatiques, à la portée de n'importe quel étudiant sachant lire. Une autopsie aurait confronté les soignants à leur certitude, en bien ou en mal.
Je savais tout cela. Je savais qu'il fallait faire une autopsie. Si on me l'avait demandé je l'aurais refusé ; « Il avait assez souffert comme cela" et c'est là que les étudiants rient lorsqu'on raconte l'histoire. Souffrir après la mort ?????????
Et la question qui se pose et dont on ne parle pas. Quel est le premier sentiment lorsque la mort l'emporte ?
Nous, nous savons que le premier sentiment n'existe pas. Deux sentiments coexistent. Le premier est le soulagement, dont on a honte. Soulagement pour papa, son calvaire est terminé, soulagement pour moi, mon calvaire est terminé, soulagement pour l'angoisse, la mort est partie. En même temps un autre sentiment est là, vous croyez que c'est la douleur, vous ne savez pas. L'autre sentiment c'est que ce n'est pas vrai. Vous avez vu papa mort, vous savez qu'il est mort, en fait vous ne le savez pas. La mort est quelque chose qui s'apprend, au fer rouge.
Ma vieille chienne de 15 ans, de chaque jour de ma vie, est mourrante. Qu'elle soit mourrante, cela est la vie. Que je ne sache pas si je veux que cela se termine ou que je veux garder son museau sous ma main, c'est cela la souffrance
Désolé, ça s'arrète, essayez d'écrire avec des lunettes en pleurant