Alzheimer: Do Ghosts Cry?     |     home
back to  Alzheimer: Do Ghosts Cry?
Confiance gonflée   |   Navigation   |   Un verre d'eau   |   Colère   |   Malheur   |   Brave New World   |   Palliatif   |   Nouveau Temps   |   Actor's studio   |   Never More   |   Télévision   |   Raison et Emotion   |   Caressesssssss   |   Sans Reconnaissance   |   Le Temps riche   |   Amour ancien(s)   |   La Raison   |   Nouvelle Maison   |   Canne à Ibis   |   Suffoqué de Douleur   |   Alzheimer des Jeunes   |   Never More   |   Badinage   |   Automne   |   Faust (presque)   |   Les dents de la Mère   |   Le << soi >>   |   Appel à témains   |   L'Adieu aux larmes   |   Ton père et ta mère   |   Si peu, si peut   |   Treblinka   |   Crapaud Buffle   |   VAV   |   Hayek   |   Ou suis-je ?   |   Comptes de Noël   |   Trou
Caressesssssss



Peut-on vivre sans caressessssssssssssssssssssss ?

J'ai écrit un texte plein de truismes sur l'ingratitude du métier de gériatre, qu'il soit médecin ou soignant. Cela me semble des truismes. Je n'ai encore jamais vu de ma vie quelqu'un qui ne se plaint pas du manque de reconnaissance affective du travail qu'il fait. Dans mon métier, il était clairement dit que le salaire serait la seule forme de merci que nous recevrions.

La vraie question n'étant pas de savoir si être gériatre est une situation ingrate, être en gériatrie est une situation ingrate,  mais de savoir quel est notre comportement dans un monde qui, sans être hostile, est indifférent ?

Par exemple, j'ai été profondément touché par les THC de <<gerialist>> qui ont bien voulu m'exprimer qu'ils n'étaient pas totalement hostiles aux images que je vois et décris approximativement sur <<gerialist>>. Je savais que certains passages étaient lus puisqu'ils provoquaient des reproches, je n'imaginais pas que quelqu'un puisse volontairement lire une de ces icônes. J'ai été profondément touché, flatté, ému, guéri de la plaie qui saigne perpétuellement (Parcifal). Tous mes remerciements.

Peut-on vivre sans caressessssss ? L'expérience est classique avec de jeunes singes qui vivent seuls sans aucun contact épidermique. Ils meurent. L'autre groupe vit dans une cage avec une fourrure. Ils survivent.




Quels caressessss reçoivent les gériatres ? Ils répondent : le regard du malade, une attente du client, la satisfaction de la réussite du travail. Est-ce vraiment assez ? J'en doute.

Un enseignant est heureux avec ses élèves. Parfois il n'est heureux qu'avec ses élèves. Lorsque les élèves lui refusent l'amour, l'enseignant meurt. Ne reste que le salarié.

Un enseignant est heureux de créer avec ses élèves un monde meilleur. Il voit sa classe, ses élèves, croître de semaine en semaine. Il est heureux de la création de ces jeunes qui vont devenir des adultes, il est malheureux que la glaise donne une statue si bancale qui se déforme constamment, et si la classe refuse la création d'un adulte, l'enseignant meurt. Ne reste que le salarié.

Les élèves n'arrivent jamais à comprendre le bonheur de l'enseignant lorsque l'élève améliore ses notes. Je ne sais pourquoi, de siècles en siècles, les élèvent semblent croire qu'un enseignant prend plaisir à mal-noter.

Ici un aparté.

Nous sommes responsables d'une immense erreur en milieu scolaire, erreur bien relevée par les nouvelles instructions du Ministère. L'élève est noté par rapport à la fois l'exercice demandé et par rapport à la classe. Ceci est une monstruosité. C'est un crime contre l'enfance. Nous confondons les évaluations d'étalonnage, nécessaires, et les évaluations de l'élève. Un élève qui passe de 2/20 en math à 6/20 en math est magnifique. Or la progression n'est reflétée nulle part. Dans une scolarité normale 6/20 veut dire simplement 4 points en dessous de la moyenne, pas 4 points d'amélioration. C'est une monstruosité.

Retour

Les livres de psychologie parlent de la colère du soignant devant le malade qui meurt. Le soignant est trahi par le malade comme l'enseignant est trahi par l'élève. En gériatrie, le but de l'exercice est de mourir. Alors ?

Refuser d'admettre la colère me semble dangereux.

Encore plus dangereux le fait de refuser que la mort de l'autre provoque dans le survivant une double émotion. D'abord la mort de l'autre est une victoire pour moi, j'ai survécu à lui, j'ai donc gagné.

Voyez les vieilles personnes, lorsque vous les informez du décès d'un proche, ils vous demandent son âge. Sil était plus jeune qu'eux, ils sont contents d'avoir gagné et en même temps ils ont peur, parce que cela veut dire qu'ils sont du côté de la barrière où la mort broute. Si le décédé est plus âgé qu'eux, cela donne un message d'espoir, ainsi il leur reste du temps à vivre. Avec l'âge, notre égocentrisme enfantin revient en force. Seule notre mort prochaine a une importance.




Voici l'idée qu'on se fait de <<moi> et de <<L'autre>>


   ******                   +--------+
  ********                  |@@@@@@@@|
 **********                 |@@@@@@@@|
 **********                 |@@@@@@@@|
  ********                  |@@@@@@@@|
   ******                   +--------+

    MOI                       L'AUTRE

Mais ce n'est pas comme cela
Lorsque <<moi>> rencontre <<l'AUTRE>>
Alors naît <<NOUS>

   ******              +--------+
  ********             |@@@@@@@@|
 **********            |@@@@@@@@|
 **********            |@@@@@@@@|
  ********             |@@@@@@@@|
   ******              +--------+
    MOI                 L'AUTRE

           &&&&&&&&&&
          &&&&&&&&&&&&
          &&&&&&&&&&&&
           &&&&&&&&&&

             NOUS

La mort de l'autre, c'est aussi le mort de <<nous>>.  Le <<nous>> c'est la caresse permanente de l'existence de l'autre. Le <<nous>> se nourrit de sourires, de lettres, de téléphones. Le <<nous>> est ce tamagoshi exigeant qui, s'il n'est pas nourri régulièrement, va mourir. Le nous est un carnivore de caresses.

*****************************************************
*****************************************************
*****************************************************

Quelle est la caresse qui fait que nous acceptons de travailler ?

Pour commencer, encore un truisme : nous avons choisi notre travail, notre métier, suite à une émotion, une pulsion profonde ; ensuite nous avons rationalisé cette pulsion et pensons que nous avons choisi notre métier pour telle et telle raison ; en conséquence, notre métier est là pour satisfaire une pulsion profonde. Par exemple j'ai vu un proche devenir psychiatre, sans savoir que l'acte de guérir ses malades compensait l'acte impossible de guérir sa mère.

Voici un de ces tests comme on en lit sur la plage en juillet ;

Je travaille parce que :

1. Je travaille un mois et je suis payé et les comptes sont soldés.

2. Je ne travaille pas pour l'argent mais par amour de mon métier.

3. Je travaille pour qu'on me respecte ;

4. Je travaille parce qu'il faut bien vivre mais l'important c'est les collègues;

5. Je travaille pour rencontrer des hommes/femmes.

6. Je travaille pour dominer les autres/ne pas être dominé par les autres.

7. Je travaille parce que cela me permet de développer un projet;

8. Je travaille pour apprendre;

9. Je travaille pour rendre la vie des autres meilleure ;

10. Je travaille parce que j'aime le pouvoir de diriger les autres ;

11. Je ne sais pas pourquoi je travaille.

12. Je travaille pour remplir le vide de la vie.

13. Je travaille pour avoir une médaille.

14. Je travaille pour avoir plus de revenu que le mari de ma sœur.

15. Je travaille pour ne pas être à la maison tout seul;

16. Je travaille pour me faire une retraite et ne plus travailler;

17. Je travaille pour ne pas être à la maison avec ma famille;

Dans la réalité, chaque question est vraie pour chacun de nous, ce qui est important c'est le niveau à laquelle elle est importante Ainsi lorsqu'on est DRH, on dispose de grilles, lors de l'entretien avec le candidat on dresse un histogramme de sa personnalité.

Quelle sont les raisons pour lesquelles on veut devenir médecin ? Déjà toutes les professions qui travaillent en uniforme suscite la méfiance du psychologue. Uniforme pour protéger, pour protéger de quoi, de qui? Qui dit uniforme dit aussi pouvoir sur le faible. Uniforme du soldat, uniforme des services de sécurité, uniforme des médecins. Cela semble abrupte, cela l'est, essayez de trouver une seule profession qui travaille sans uniforme ? Cela n'existe pas.

Comment faire pour caresser un chat qui porte un uniforme ?. Cet uniforme qui est censé protéger, est-ce qu'il n'isole pas ? Le prix à payer pur le pouvoir et la sécurité est une peau froide que nul caresse.

Lorsqu'on écoute parler, on entend des phrases étranges du genre :

"j'ai donné ma vie pour les pauvres "
"J'ai donné ma vie pour soulager la souffrance"
"J'ai donné ma vie à l'art"
"J'ai donné ma vie aux enfants"
"j'ai donné ma vie au football"
"j'ai donné ma vie à l'Afrique (ça c'est moi)
et curieusement tous ces gens qui ont "donné" ont été payés.

Confiance gonflée   |   Navigation   |   Un verre d'eau   |   Colère   |   Malheur   |   Brave New World   |   Palliatif   |   Nouveau Temps   |   Actor's studio   |   Never More   |   Télévision   |   Raison et Emotion   |   Caressesssssss   |   Sans Reconnaissance   |   Le Temps riche   |   Amour ancien(s)   |   La Raison   |   Nouvelle Maison   |   Canne à Ibis   |   Suffoqué de Douleur   |   Alzheimer des Jeunes   |   Never More   |   Badinage   |   Automne   |   Faust (presque)   |   Les dents de la Mère   |   Le << soi >>   |   Appel à témains   |   L'Adieu aux larmes   |   Ton père et ta mère   |   Si peu, si peut   |   Treblinka   |   Crapaud Buffle   |   VAV   |   Hayek   |   Ou suis-je ?   |   Comptes de Noël   |   Trou