Alzheimer: Do Ghosts Cry? | home
Diagnostic, ici et là
Le diagnostic n’est pas un ensemble de signes cliniques et complémentaires en proportion statisquement significative.
Le mot clef étant étant « statistique » est considéré comme « malade » toute situation hors de la courbe de Gauss. Mais que faire d'autre?
Ce diagnostic simplistique, dont pourrait déjà se charger une machine aux mémoires bien remplies, conviendra à une plante…
et encore en douteront les mains vertes.
Je suis d'accord et pas d'accord; Soit, votre position est juste, mais dans ce monde qui est le meilleur des mondes possibles, il faut abandonner notre besoin de justesse et justice, et par conséquence, accepter les diagnostics assistés par ordinateurs
Le diagnostic est une connexion entre le monde tel que le voit le patient, et des règles biologiques.
Classiquement le premier change comme la lumière un jour de nuages vagabonds,
les secondes évoluent si lentement qu’elles en semblent immuables.
Très très beau, et si bien exprimé; et cela pose la question que vous avez discuté en amphi lorsque vous étiez en étudiant féroce:
Le patient est-il nécessaire au diagnostic ou est- il une gène?
« Continuez à me raconter votre vie pendant que je vous examine… »
L’homme, cédant à la tentation de Prométhée, a inversé la donne:
La machinerie biologique devient un jouet entre ses mains,
tandis que le monde vu par le patient peine à s’adapter
à ces bouleversements réalisés… et plus encore, promis.
C'est si vrai, je vois les patients soient être idiots parce qu'ils croient en ces feuilles de labo, soient être idiots parce qu'ils n'y comprennent rien, mais ce n'est rien comparé au médecin qui lit en 5 seconde la feuille et croit avoir compris; Comme ces touristes qui viennent du Japon, se font photographier devant la Joconde et ça y est, ils ont « absorbé » la Joconde. Pourtant toujours cette fin de paragraphe, que voulez-vous faire d'autre devant cette vieille croute qu'on appelle « La Joconde », que voulez-vous faire d'autre devant les résultats du labo?
La connexion diagnostique établie par le médecin est une triple tâche:
-deviner le monde vu par le patient,
Il faut le dire devant l'assemblée qui vous écoute, mais est-ce vrai, si la vraie vérité est qu'il faut considérer le malade comme un « cas » et surtout ne pas entrer dans ses phantasmes?
-découvrir les altérations biologiques,
oui, que faire d'autre, et quel reproche faire à cette approche? Et pourtant je ne suis pas satisfait, le corps du patient a déjà enregistré dans sa base de données les modifications et a déjà envoyé les instructions pour réguler ces modifications, alors pourquoi devons noujs dupliquer ce que le corps a déjà fait?
-définir leur interaction, le diagnostic proprement dit.
Le mot qu'il faut a tout pris taire en médecin a été dit; interaction!!!! Nous ne savons déjà pas ce que nous faisons avec un médicament, et nos sommes des clowns lorsque nous prétendons savoir ce qui va arriver avec un cocktail de 5 médicaments. Mais il faut faire semblant, pour le bonheur du patient.
La première tâche était bien mieux réalisée jusqu’au siècle dernier.
Dans la chasse à la maladie, comme dans la résolution de la plupart des autres problèmes,
on était au théâtre: L’entretien du médecin avec son malade prenait l’allure d’une tragédie.
L’habitus était tant détaillé que l’obscurité du cabinet semblait se parer
des présences fantomatiques jaillies de la verve libre du patient.
Il était, pour un instant, la vedette de la pièce, avec un auditoire instruit.
Très beau, très vrai, si bien décrit qu'on a l'impression d'y être;
encore que dans ce théâtre il ne faut pas oublier la présence de deux menteurs, le patient, le médecin et le troisième, le pire, le script que les acteurs doivent jouer.
Le médecin était d’autant plus attentif que sa connaissance de la biologie
était fort sommaire
et n’imposait pas trois semaines d’attente
d’un enfournement dans une machinerie compliquée,
délai qui fait se dissiper dans l’esprit des médecins-techniciens
les quelques volutes de son monde que le patient
a eu une minute pour dévoiler.
Si beau, si vrai et pourtant pour vous, homme en-blanc d'expérience, vous savez que sans savoir pourquoi vous savez déjà avant que le patient se soit assis devant vous; Ce n'est pas une connaissance sans faille et vous n'en parlez entre médecin que lorsque vous arrivez aux digestifs, mais vous savez que dès que le patient entre, une pont s'établit entre vous et lui et et que vous ne savez comment mais vous savez! Même nos chiens et chats vivent cela avec nous
L’analyse biologique, 2ème tâche, a acquis une telle bougeotte,
qu’elle occupe presque entièrement l’esprit du diagnosticien moderne.
Faisons l’analogie avec, au foyer, l’actualité télévisuelle tellement variée
qu’elle empêche la famille de percevoir sa propre actualité
C'est vrai, et je me souviens de nos espoirs des années 8O, que la machine d'analyse serait notre assistant immédiat; C'est faisable, c'est déjà fait, mais que d'intérêts en jeu
Le diagnostic est réduit à une annonce biologique.
Le patient, tentant désespérément de faire le lien avec son monde personnel,
cherche, seul, sa fiche d’anomalies techniques à la main,
les âmes conseillères qui vont pouvoir donner de l’émotion à cette liste.
C'est si vrai! Et pourtant votre premier devoir est de protéger vous et les vôtres et ceci vous interdit d'entrer dans les brouillards du patient. Votre situation est celle du passant qui passe au pied du Mont du Crane, regarde les crucifiés, trouve qu'ils sont biens ennuyeux aujourd'hui et attirent trop les mouches et vous devez passer votre chemin pour éviter les mouches. Les curés apprenaient cela, à écouter les confession s des pécheurs et ne pas sortir du c confessionnal en sentant la merde.
Ils rencontrent dans le brouhaha des forums d’autres errants passés ou présents,
mais trouveront plutôt leur directeur de conscience
dans leurs lectures philosophiques,
les samaritains de l’esprit survivant heureusement dans leurs oeuvres.
Oui, et cela suffirait pour anoblir Internet
Est-ce vraiment la Science qui a scindé la médecine
entre allopathie et paramédecines?
Ou est-ce la médecine qui a tranché toute seule son corps siamois,
séparant les tragédies mentales et biologiques,
opposant les thérapeutes de l’esprit,
auto-convaincus de la réalité physique de leurs tours de passe-passe,
et les thérapeutes de la biochimie,
auto-persuadés qu’en respectant une éthique en 10 commandements,
ils traitent la globalité du patient?
Et si c'était le patient qui demandant à la pythie la solution à ses problèmes, provoque ces réponses absurdes dont la vérité ne se révèlera que lorsque l'erreur aura fait son fruit?